– Maurice ARAMA Douce est la lumière qui, avec malice ou délice, féconde l’ombre.

Abdelkebir Rabi’ porte les questionnements de la vie. Sa palette hisse ses engagements. Sa gestuelle large taraude les flous. Sa mémoire retient les vérités perçues à Boulemane, dans le Moyen Atlas, où il est né et grandit. Les stratifications minérales inspirent désormais les puissantes orchestrations en noir et en blanc qui prennent d’assaut ses toiles.

C’est un questionneur infatigable de la ligne et de la tache. « Un arpenteur de la trace » disait de lui, le regretté romancier et sociologue Abdelkebir Khatibi.

Traits bruts ; noirs saisissants que l’imaginaire triture ; ferments tirés de gangues primitives ; cantillations inconnues qu’une gestuelle hardie propulse sur la toile donnant vie à un univers singulier qu’irriguent le levain de la poésie amazighe et les réminiscences de l’art populaire ancestral qui ont baigné son enfance.
Émerge entre des coups de pinceau et des stries volontaires une calligraphie audacieuse qui accompagne l’infini du temps, dialogue avec la lumière, vibre et réverbère des virginités inédites comme autant d’actes de foi.
L’apprentissage de Rabi’ fut patient. Il étude, multiplie les rencontres, identifie les ingrédients qui peuplent ses premiers travaux. Entre 1967 et 1988, il enseigne dans divers établissements secondaires puis à l’Université Hassan II, l’Art et l’Esthétique. Une invitation à Paris par Bernard Dorival, alors directeur du Musée d’art moderne, lui offre les clés de ce qui va devenir une aventure artistique originale et une écriture qui depuis glorifie « l’ombre qui n’existe que par sa vis a vis, la lumière » comme aime à le rappeler Rabi’.

Maurice Arama

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